Encore une excellente question. Alors, qu’est-ce qu’un rêve lucide exactement ?

Plusieurs définitions de cette expérience ont émergé dans la littérature. La plus simple affirme qu’un rêve lucide est un rêve dans lequel le rêveur est conscient qu’il est en train de rêver. D’autres chercheurs y ajoutent un critère : il faudrait devenir parfaitement ou pleinement conscient que l’on rêve. Ce que signifient exactement les termes « parfaitement » ou « pleinement » n’est pas toujours précisé, mais cela implique généralement la capacité à exercer un certain contrôle conscient sur les événements du rêve. Il est toutefois important de noter que même si la lucidité est souvent accompagnée d’un degré variable de contrôle du rêve, cette capacité n’est pas une preuve suffisante en soi d’un rêve lucide.

Une définition plus large et plus précise du rêve lucide a été proposée par Stephen LaBerge, qui soutient que la conscience vécue par un rêveur lucide n’est pas sans rappeler celle de l’état de veille. Il écrit ainsi :

« Le rêveur lucide peut raisonner clairement, se souvenir librement et agir volontairement de manière réfléchie, tout en continuant à rêver intensément. »

De façon similaire, Tart (1979) affirme qu’un rêve lucide ne consiste pas simplement à ce que le rêveur réalise : « Ceci est un rêve. » Comme LaBerge, il considère que dans un rêve lucide,

« les processus mentaux ‘supérieurs’ que nous associons à l’état de conscience éveillé — tels que la continuité de la mémoire, la capacité de raisonnement, le contrôle volontaire des processus cognitifs, et le contrôle volontaire des actions corporelles (au moins pour le corps onirique) — semblent tous fonctionner à un niveau lucide, équivalent à celui de l’éveil. »

Plusieurs auteurs adhèrent également à cette conceptualisation du rêve lucide.

Un phénomène sur un continuum

L’expérience du rêve lucide est souvent mieux comprise lorsqu’elle est placée sur un continuum :

  • À un extrême, on trouve la lucidité de bas niveau, où une personne peut prendre conscience qu’elle rêve, mais se réveiller immédiatement ou retomber dans un rêve non lucide.
  • Au milieu du spectre, se situent les rêves lucides où le rêveur, en plus de savoir qu’il rêve, parvient à exercer un certain contrôle sur l’environnement du rêve tout en conservant partiellement ses facultés mentales éveillées. Par exemple, il peut se déplacer à volonté dans le décor du rêve, mais être incapable d’en modifier certains éléments, de se souvenir de la date, ou de son emploi du temps du lendemain.
  • À l’autre extrémité, on trouve les rêves lucides de haut niveau, dans lesquels l’individu peut exercer un contrôle considérable sur le contenu du rêve, et — surtout — possède l’ensemble de ses facultés mentales comme s’il était totalement éveillé.

Concepts apparentés

Ce continuum inclut également deux phénomènes apparentés :

  • Les rêves pré-lucides, selon Celia Green, dans lesquels le rêveur adopte une attitude critique face à son expérience (par exemple en se demandant « Suis-je en train de rêver ? »), sans toutefois réaliser qu’il rêve réellement.
  • Les faux réveils, où une personne rêve qu’elle s’est réveillée, généralement dans son environnement habituel de sommeil.

Ces deux phénomènes sont fréquents chez les rêveurs lucides, en particulier chez les débutants.