Les professionnels de la santé — tout comme le grand public — reconnaissent de plus en plus que les cauchemars représentent un problème de sommeil fréquent, aux conséquences importantes sur la qualité du sommeil et la santé mentale. De grandes études épidémiologiques menées auprès d’étudiants et de communautés dans différents pays indiquent que 8 % à 29 % des adultes déclarent faire des cauchemars chaque mois, tandis que 2 % à 6 % en font chaque semaine.

Des enquêtes communautaires évaluant la présence de problèmes liés aux cauchemars plutôt que leur fréquence ont montré que 5 % à 8 % de la population adulte générale rapportent un problème actuel de cauchemars, tandis qu’environ 6 % mentionnent en avoir eu un par le passé.

Enfin, l’une de nos propres études, fondée sur près de 10 000 récits de rêves recueillis dans des journaux de rêves à domicile auprès de plus de 550 participants, a montré que près de 3 % de tous les récits de rêves recueillis de manière prospective étaient des cauchemars (rêves très perturbants qui provoquent le réveil du rêveur), tandis que les mauvais rêves (rêves perturbants ne provoquant pas de réveil, mais rappelés après un réveil dû à un facteur externe comme un réveil-matin, ou plus tard dans la journée) représentaient près de 11 % des récits. Ainsi, près de 15 % de tous les rêves dont on se souvient sont considérés comme très perturbants.